TEMOIGNAGES SUR MESSINE

Cet article reprend le contenu de plusieurs messages (le dernier en date du 17 janvier), laissés sur la page « réactions aux articles » et concernant le tremblement de terre de Messine dont la ville vient de célébrer le 100ème anniversaire en décembre 2008.

Article mis en ligne le 16 janvier 2009
dernière modification le 27 septembre 2019

Rappel : en novembre 2008, était publié un appel à témoignages à l’occasion d’une conférence donnée en commémoration du 100ème anniversaire du tremblement de terre de Messine.

Cet article a suscité plusieurs témoignages (visibles sur la page « réactions aux articles »).

Parmi ceux-ci, sont repris ici celui de Nicolas Apouchtine, membre de l’AAOMIR, qui mentionne un recueil de nouvelles écrit par son grand-père.

Et celui de Macha Cartron-Mirochnitchenko membre de l’AAOMIR, concernant son père et un autre incident arrivé à Messine et un lien communiqué par Paul Loukine en réponse.


De Nicolas Apouchtine :

"...mon grand-père maternel, Alexandre Serguéievitch Manstein, [se trouvait à Messine].

Ses études terminées à l’Ecole Navale de Saint-Petersbourg, il effectua sa première navigation, à bord du cuirassé « Tséssarevitch ». Cette traversée a été évoquée par Anastasia Manstein Chirinsky,sa fille et sœur aînée de ma mère.

Elle écrit dans ses souvenirs « La Dernière Escale » :

« … Dans un recueil de nouvelles, écrites … pour le « Concours Stroganov », mon père raconta sa première navigation à l’étranger. C’est ainsi que pour la première fois, Bizerte entra dans l’histoire de la famille. En novembre 1908, quatre unités de la flotte de la Baltique, deux cuirassés « Tsessarevitch » et « Slava », et deux croiseurs, « Bogatyr » et « Amiral Makarov », sous le commandement de l’amiral Litvinov, ayant à son bord des aspirants et des élèves sous-officiers, firent une longue escale à Bizerte, avant de rejoindre Port-Auguste, en Sicile, où des exercices d’entraînement au tir étaient prévus. Des photographies prises sur de grandes plaques de verre, à cette occasion devaient nous suivre longtemps dans nos déplacements » (Malheureusement elles sont perdues). « …. Le 15 décembre 1908, l’Etna entrait en éruption. Un tremblement de terre très puissant détruisait la ville de Messine. Les marins russes travaillèrent avec tant de dévouements, avec un tel mépris du danger, que les malheureux habitants ne devaient jamais l’oublier : il en témoignèrent plus tard en maintes occasions. La promotion de 1908 fut prénommée : « Promotion de Messine ». (« La Dernière escale » Anastasia Manstein Chirinsky, Sud Editions Tunis, 2000, page : 57).

Pendant la traversée de la Méditerranée, en 1920, le torpilleur « Jarky », commandé par mon grand-père se trouva isolé de l’Escadre Russe du général Wrangel. Au large de l’Italie, il se fit remorquer par un bateau italien. Lorsque son commandant apprit que A. S. Manstein avait participé au sauvetage des habitants de Messine, en 1908, il invita à dîner les officiers du torpilleur : « … Refuser n’était pas poli. Mais comment accepter quand ils ne possédaient qu’un seul manteau pour deux. Le mieux était de dire la vérité. L’Italien répondit qu’il n’invitait pas des manteaux mais des camarades. Il fallait céder à ses instances. » (Les Chevaliers mendiants, de Georges Oudard et Dmitri Novik, Librairie Plon, déposé à la Bibliothèque Nationale en 1928, p : 225).

- A Bizerte, deux tombes de marins russes, datant de 1907, témoignent que ce n’était pas la première fois que des navires russes accostaient les rivages tunisiens.
......"


de Macha Cartron-Mirochnitchenko

Dans un opuscule retraçant l’histoire du Croiseur « Aurore » - Pour l’aide apportée par les marins russes lors du tremblement de terre de 1908, les habitants reconnaissants de Messine remirent en 1911 aux marins de la Baltique une médaille d’or et l’honneur de recevoir cette récompense revint à ceux du Croiseur Aurore. Descendus à terre les officiers furent accueillis par une foule de gens scandant « Vive la Russie, Vive les Marins Russes ». Le soir de la première visite d’Aurora à Messine un nouvel incident se produisit, il est vrai beaucoup moins désastreux que celui de 1908 : sur les quais non loin du lieu d’amarrage du Croiseur, un incendie éclata dans un édifice où se trouvaient un restaurant et un cinéma. Grâce aux efforts des pompiers de Messine et de l’équipage de l’Aurore, le feu put être maitrisé. Cet incident nocturne confirmait encore une fois que les marins d’Aurora étaient toujours prêts à venir en aide et qu’ils étaient les héritiers des héroïques traditions acquises à Tsushima. Cette escale glorieuse à Messine en 1911, était sur le trajet d’une longue croisière à Bankgok (Siam). Mon père Vassili Trofimovitch Mirochnitchenko était sur le Croiseur Aurore, bâteau école, lors de ce voyage qui dura du 12 Août 1911 au 3 Septembre 1912. Il avait 18 ans.

P.S. : (commentaire de Paul Loukine, en réponse) Vous trouverez la photo de la remise de la médaille de 1911 sur

http://kortic.borda.ru/?1-1-0-00000...

Par ailleurs 3000 médailles commémoratives, voir

http://kortic.borda.ru/?1-1-0-00000...

avec le profil du roi d’Italie Victor-Emmanuel II et la date du tremblement de terre furent expédiées à Saint Petersbourg pour que les officiers, sous officiers et matelots qui participèrent aux opérations soient décorés (il semble qu’il y ait eu plusieurs variantes de ces médailles).


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