Décès de Véra Albertini

Le Président et le conseil d’administration du Cercle de la Marine Impériale Russe ont la tristesse

de vous faire part du décès de l’une des leurs, Madame Véra Albertini, qui avait tant œuvré pour 

l’Association.

           Ils présentent leurs plus sincères condoléances à sa sœur Masha et à toute sa famille.

           La crémation aura lieu au cimetière du Père Lachaise le Mercredi 8 Février 2023 à 13h30.

                                                                        Вечная Память. Mémoire éternelle

Parmi les nombreux messages de sympathie exprimés par les membres de notre association, nous vous prions de trouver ci-joint l’évocation de Madame Véra Albertini par Monsieur Alexandre Jevakhoff, Président d’Honneur de l’AAOMIR-CMIR.

Véra Albertini, in Memoriam

Véra Albertni n’est plus.

Comment aurais-je pu prévoir d’écrire cette phrase quand, en plein été, j’échangeais avec elle sur des questions concernant les Naryschkine ?
Comment aurions- nous prévoir la pleurer lorsque, par cette belle soirée d’un été débutant, nous nous étions retrouvés à Sainte-Geneviève, invités des sœurs Albertini ? L’atmosphère était joueuse et russe, ce qui allait de soi d’autant que Véra s’apprêtait à partir à Moscou pour une année d’étude.

L’occasion pour elle d’ajouter une ligne à un CV déjà long. L’occasion de prouver, une nouvelle fois, son dynamisme, son goût des défis et sa capacité à se débrouiller en toutes circonstances. L’occasion, aussi, de reprendre contact avec des racines, un pays, une langue auxquels elle était profondément attachée.

Le président de l’AAOMIR et du CMIR que je fus près de vingt ans durant connut deux vice-présidentes : Marianne Rampelberg et Véra Albertini. Deux femmes décidées à « créer de la valeur » et à remettre le président à sa place lorsqu’il avait tendance, fréquemment en vérité, à oublier que les années autocratiques n’étaient plus de règle. Quand Marianne utilisait l’onctuosité avertie d’une directrice de la communication dans un groupe bancaire important, Véra recourait à l’interpellation, rugueuse s’il le fallait, d’une praticienne aiguisée, habituée avec les élèves de Polytechnique ou d’HEC à des personnalités psychologiques plus complexes qu’elles ne le supposaient.

Le roman historique que voulait écrire Véra Albertini – la Russie, sa famille : les Naryschkine, les Cantacuzène, la guerre civile, l’émigration et Bizerte…- ne verra donc jamais le jour. Il nous reste cependant tant de conversations et de souvenirs d’une personne forte et fragile, aussi exigeante pour elle que pour les autres, une personne rare en un mot.

A sa chère sœur Masha et à toute sa famille, je présente, avec ma famille, mes condoléances les plus sincères.

Alexandre Jevakhoff